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Tranche de merlan

Vous reprendrez bien un peu de sexisme ordinaire ?

31 Août 2016, 08:11am

Publié par LeMerlanFrit

C'est une anecdote qui remonte à quelques mois... C'était pourtant bien parti : nous avions eu un très bon contact avec le commercial de l'agence, la voiture nous plaisait et nous permettrait de voyager plus confortablement, surtout avec le petit bout que nous essayions alors d'avoir, et qui d'ailleurs viendrait se nicher dans mon ventre à peine une semaine plus tard (il a dû être rassuré de voir qu'on changeait de voiture, et a décidé de s'installer !)...

Le jour de venir retirer le véhicule est arrivé, nous n'avons plus eu affaire à notre commercial préféré mais à plusieurs intervenants, chacun dans leur spécialité. Il a fallu dire au revoir à Titine Commune, première du nom (plus d'un an que nous n'avons qu'une voiture pour deux, yay, j'en suis fière !!), la laisser entre les mains d'un gars très sympa qui en la regardant de près nous a félicités de l'avoir si bien entretenue (sacré défi dans le Sud-Est de la France...) et avec qui nous avons pu discuter tout à fait normalement, en apprendre un peu plus sur ce que subissaient les voitures qui arrivaient entre ses mains pour repartir dans le réseau occasion, etc.

(Ryan McGuire, Pixabay)

(Ryan McGuire, Pixabay)

Est alors arrivé le commercial qui devait nous présenter les fonctions de notre nouvelle Titine Commune, 2ème du nom... Et là, ce fut le drame. Ce jeune homme (allez, il devait avoir mon âge, peut-être même qu'il était plus jeune), qui présentait très bien pourtant, a alors demandé qui voulait prendre la place du conducteur pour se faire expliquer les options. Alors que nous échangions un regard interrogateur avec le Chéri, monsieur a demandé qui conduirait Titine le plus pour nous aider à choisir. Quand nous avons répondu que ce serait du 50/50, le monsieur a pris un air très interloqué que je n'ai pas su interpréter tout de suite, d'autant que j'ai précisé dans la foulée que nous n'avions qu'une voiture pour 2, donc ça me semblait logique. Eh oui, je conduis le matin pour nous amener au travail (la chance de travailler au même endroit), le Chéri nous ramène, et en voyage on alterne équitablement (sauf depuis que je suis enceinte, j'avoue... *s'endort comme une m**** sur le siège passager*) : pour le coup c'est vraiment du 50/50 !! Sans nous laisser de seconde supplémentaire pour nous décider (c'était pas un choix cornélien non plus !), monsieur le commercial a tranché : "madame n'a qu'à s'installer, les femmes ont généralement du mal avec ce genre de choses." [...] Je vous laisse apprécier, digérer, ou vomir c'est selon, et toutes ensemble : "ke-woa ?!?!"

(salmerf, Pixabay)

(salmerf, Pixabay)

J'étais estomaquée, je ne me souviens même pas la dernière fois que j'ai eu droit à une remarque aussi sexiste et à tel point sortie de nulle part, le Chéri m'a fait des yeux ronds, mais nous l'avons suivi et j'ai pris place, tellement sur le c*l que je n'arrivais pas à réagir, tout en sentant la colère s'installer... Monsieur commence à m'expliquer le régulateur, le limiteur, les clignotants, à nous montrer l'ordinateur de bord etc. J'ai alors réalisé, en me tournant vers le Chéri installé au milieu à l'arrière penché pour essayer de suivre, avec un regard un peu perdu, que la place du conducteur pour avoir des explications, ça aurait dû être pour lui.

Je n'ai quasiment conduit que des voitures de ce constructeur, dès lors que j'ai posé mes pieds sur les pédales d'une voiture il y a 13 ans (aouch !) pour la conduite accompagnée. Je n'ai toujours acheté que des voitures de cette marque, alors que le Chéri a toujours été un adepte d'une autre marque (c'est fou comme on défend chacun la sienne d'ailleurs !) et qu'il a peu conduit feu mes voitures persos. En plus, retenir les boutons, c'est pas son truc, alors que moi je retiens tout ça très bien.

Je n'avais cependant aucune envie de proposer d'échanger ma place au risque de donner l'impression à cet abruti que je rabaissais mon homme alors qu'il ne s'agissait pas de ça. Je bouillonnais, je n'avais plus qu'une envie, c'était d'en finir et d'enfin repartir au volant de cette petite merveille qui était parfaite pour nous. J'ai posé les 2-3 questions que j'avais vraiment à lui poser (auxquelles il n'a pas toujours su répondre et là t'as juste envie de te foutre de sa sale gu**le de machiste), j'ai coupé court aux explications dont je n'avais pas besoin (à coup de "oui je connais" histoire de lui clouer le bec), et quand il a proposé d'appareiller lui-même nos téléphones avec le bluetooth de la voiture parce que "c'est compliqué", j'ai gentiment répondu que je m'en occuperais à la maison parce que ça tombait bien, je savais faire...

(Vitamin, Pixabay)

(Vitamin, Pixabay)

Je suis sortie de là heureuse au volant de ma voiture (tant qu'à faire je suis restée à ma place hein), mais relativement enragée par ce que j'avais entendu... Ca m'a pas mal gâché mon plaisir je vous avouerais. Je n'ai pas compris qu'on puisse mettre à un tel poste quelqu'un d'aussi sexiste, sans parler du fait que le mec lui-même ne n'est pas rendu compte de l'énormité de ce qu'il venait de sortir et de son caractère inapproprié, a fortiori pour un commercial.

On s'est dit un instant avec le Chéri que l'univers automobile est connu pour regorger de sexistes, mais aucun autre intervenant n'a été comme ça, même les plus vieux ; oui généralement je m'attends davantage à ce genre de comportements de la part des plus vieilles générations, appelez-moi naïve ! J'ai limite eu envie d'y retourner pour lui dire gentiment ce que j'en pense, mais je ne suis pas sûre qu'il aurait compris (allez savoir, il aurait peut-être cru que j'avais mes règles...). Au mieux j'aurais aimé en toucher deux mots à l'agent qui nous a vendu la voiture avec qui nous avions eu un très bon contact, sans m'énerver mais juste pour signaler qu'il faudrait recadrer ce jeune homme sur ce sujet, parce que c'est vraiment dommage de transformer un achat en une mauvaise expérience comme ça, et qu'accessoirement ça ne renvoie pas une bonne image de la marque.

(geralt, Pixabay)

(geralt, Pixabay)

C'est vrai que d'habitude, je ne vis quasiment jamais de situations sexistes. Ce que je remarque le plus, c'est quand un professionnel, alors qu'il a un couple en face de lui, ne semble s'adresser qu'à l'un de nous. Toute son attitude le trahit à commencer par son regard qui exclue totalement l'autre personne.

Mais alors dans ce registre c'est bien souvent le festival je trouve, il faut dire que c'est très inconscient chez les gens : il s'agit de leur expression corporelle... Ca va de l'électricien qui ne regarde et ne s'adresse qu'à l'homme (ou presque, des fois un rapide coup d'oeil nous confirme qu'il a conscience de notre existence !), à la sage-femme qui ne semble pas voir que l'homme s'intéresse aussi à ses explications sur la grossesse et l'évolution du bébé (j'ai presque réussi à ne pas parler bébé dans cet article, z'avez vu l'effort ? ok presque...), et il y a même des femmes qui, travaillant dans un univers d'hommes, ne vont aussi sembler s'adresser qu'aux hommes, alors qu'elles seraient bien placées pour savoir que si on est là, c'est pas pour faire la potiche... Alors ok, des fois je sais que ça peut être des personnes qui ne sont pas à l'aise avec un sexe en particulier, ça arrive. Travaillant avec des forestiers, dans un univers très masculin donc, je fais assez vite la distinction entre l'homme des bois pas très à l'aise avec les femmes qui va avoir le regard fuyant, et celui qui pense que je n'ai tout simplement pas ma place en forêt.

 

Je crois en tout cas que cette anecdote va me rester longtemps, elle témoigne tellement bien du sexisme ordinaire, intégré dans le mode de pensée de certaines personnes au point qu'elles ne réalisent pas que leurs propos sont inappropriés.

Et vous, vous avez des anecdotes dans ce genre ? Vous remarquez aussi l'attitude excluante de certains professionnels ?

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The Flonicles 04/09/2016 16:41

J'aurai toujours en travers de la gorge cette fois où je me suis rendue chez la chaîne d'électronique dont je tairai le nom pour des problèmes de smartphone, et où à chaque fois que je posais une question, le vendeur sexiste (qui comme dans ton cas était loin de sembler expert) répondait systématiquement en regardant mon mec comme si j'étais trop conne pour comprendre ce qu'il m'expliquait. Quelques années de plus au compteur et je lui aurais fait la remarque de manière à le mettre bien mal à l'aise devant tout le monde, malheureusement à l'époque j'ai juste encaissé d'être prise pour une dinde.

LeMerlanFrit 04/09/2016 16:52

Rhaa typique... C'est déjà bien d'y arriver maintenant !!

Louanne 01/09/2016 20:38

J'ai jamais compris le délire des mecs de dire que les femmes ne savent pas conduire, car quand on ouvre le journal, oh comme c'est bizzare, presque tous les conducteurs des accidents gravent sont des hommes

LeMerlanFrit 01/09/2016 21:59

Pas sûre qu'il faisait allusion au fait de ne pas savoir conduire, je l'ai plus pris pour le fait de ne pas être à l'aise avec les options et les boutons. Dans tous les cas c'est n'importe quoi !!

Louna 31/08/2016 11:36

Merci pour cet article, qui montre de manière affligeante ce fameux sexisme ordinaire qui est encore bien trop présent dans notre société. Dans les deux sens, d'ailleurs, comme tu l'as fait remarquer avec l'anecdote sur la sage-femme.
Du coup, il me vient une question : en l'occurrence, tu n'es pas retourné voir ce commercial rétro grade ou parler avec son supérieur, mais t'arrive-t-il parfois de réagir ? D'essayer de recadrer la personne, ou simplement de lui faire comprendre la bêtise de son comportement ? Et si oui, ça prend quelle forme ?
Je travaille moi aussi dans un monde d'hommes, et j'ai parfois du mal à réagir, alors je suis preneuse de tous les conseils ! :-)

LeMerlanFrit (Fanny) 31/08/2016 13:40

Ce n'est pas un exercice facile. J'ai eu à le faire après avoir été humiliée par ma chef dans mon précédent boulot (autre problème, c'était une manipulatrice perverse narcissique). Ce n'était pas la première fois (mais ce fut la dernière, comme quoi !), mais là je devais ensuite partir pour 3h de route pour une mission. Vu l'état de nerf dans lequel j'étais, je craignais clairement d'avoir un carton sur la route... Je suis allée déjeuner et à mon retour juste avant de partir, je suis allée lui dire à tête à peu près reposée (mais pas à l'aise dans ce rôle et dans la flippe que ça parte en sucette) que je n'avais pas apprécié sa façon de me parler. Elle est restée coite et s'est excusée, à voulu repartir sur le fond du sujet donc je l'ai arrêtée tout de suite pour dire que c'était la forme qui ne m'avait pas convenu, quel que soit le fond. Après ça faisait partie de ses fonctionnements d'être douce comme un agneau par moments pour mieux nous mettre plus bas que terre par la suite, mais en l’occurrence ça n'a plus eu lieu dans ces proportions.
Après tout, au même titre que leur bêtise nous prend parfois au dépourvu et nous empêche de nous exprimer, venir leur parler alors qu'on ne s'est jamais exprimé sur la question, ça les surprend aussi et les met peut-être plus facilement dans la réflexion !

Louna 31/08/2016 13:29

Merci beaucoup pour ces conseils et astuces, Fanny !
J'en utilise déjà une partie, mais j'avoue ne pas avoir eu le courage, jusqu'à présent, de retourner voir la personne à tête reposée, une fois l'incident passé.

LeMerlanFrit (Fanny) 31/08/2016 13:07

Salut Louna, alors pour ce qui est des gens qui excluent juste de par leur gestuelle comme avec les regards, je n'y réagis généralement pas parce que je sais bien que c'est inconscient chez les gens. Pourtant on pourrait, en glissant un "ça m'intéresse aussi vous savez" pas trop froid peut-être, je l'ai déjà vu faire dans les émissions sur les visites d'appartement quand l’agent immo ne semble s'adresser qu'à une personne dans le couple.
Par contre généralement quand je me rends compte que c'est mon conjoint qui est exclu je me tourne davantage vers lui et je ne reste pas moi-même fixée sur le professionnel, je regarde aussi mon chéri et généralement le professionnel va alors lui aussi se tourner vers lui par mimétisme, peut-être même qu'il comprend que c'est un message que je lui adresse et qu'il s'en rend compte.

Sur des situations plus frontales comme celle de l'article, il y a des chances que je sois trop sur le cul pour réagir, encore que je lui ai fait sentir mon agacement dans ce cas précis puisqu'il m'a fallu rester encore de longues minutes à le subir. Mon souci avec ce genre de personnage c'est que j'ai très peu d'espoir dans leur capacité de changement, du coup je n'ai même pas envie de me battre. En parler à son supérieur m'aurait semblé une meilleure approche aussi parce que c'était un homme et que ça le toucherait sûrement plus que moi qui vient me plaindre de son comportement.
Après dans le travail, quand certains collègues font des remarques déplacées, qu'il s'agisse de sexisme ou pas, surtout si ce n'est pas la première fois, je vais juste avoir "dédain" imprimé sur le visage. Quand ce ne sont que les premières remarques j'essaye de garder à l'esprit que parfois la personne n'est pas vraiment comme ça donc je laisse plus de chances, je dois juste avoir l'air perdue par le raisonnement.
Je n'ai jamais vécu, malgré effectivement mon domaine professionnel, de situation comme certaines décrivent où une bande de collègues masculins passe son temps à faire des blagues ou remarques sexistes. Là pour moi il n'y a rien à faire, il faut changer de boîte pour espérer avoir la paix. Ils ne voudront jamais comprendre, surtout avec l'effet de groupe ! Ils diraient qu'on a pas d'humour, ou en remettraient une couche (le fameux "elle a ses règles !").
En cas de souci avec une personne en particulier sans effet de groupe, si ça m'arrivait je pense que j'irai voir la personne, hors moment où elle a été à côté de la plaque (pour ne pas déjà être dans le climat, ni lui ni nous-même), pour lui dire simplement que ses remarques ou blagues à répétition me mettent mal à l'aise ou que je considère que c'est un manque de respect, que je pense qu'on peut rire de tout mais dans certaines limites, ou que ses opinions ne regardent que lui mais qu'il n'a pas à me dévaloriser de la sorte.
J'espère t'avoir aidée ! Pour conclure je dirais qu'il faut avant tout t'écouter. Certaines supportent ça très bien en passant au-dessus. Si tu supportes ce que tu vis difficilement, essaye des techniques !