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Tranche de merlan

Ma contraception, ma cup et moi

15 Septembre 2015, 08:21am

Publié par LeMerlanFrit

C'est une histoire qui a commencé peu après mes premières règles. Celles-ci étaient assez abondantes et douloureuses, irrégulières, et je faisais aussi de l'acné, plutôt normal vers 13 ans. Au lieu de me prescrire un médicament par problème, le médecin m'a donc prescrit la pilule (en même temps, ma mère m'avait emmenée voir la gynéco), à savoir Diane 35. Rien que là quand j'y repense, je marque toujours un temps d'arrêt : prescrire un contraceptif à une ado qui n'a pas encore abordé sa sexualité pour résoudre d'autres problèmes. Je trouve ça assez étrange avec du recul.

(Anqa, Pixabay)

(Anqa, Pixabay)

A l'époque cependant, j'étais surtout ravie d'atténuer mes problèmes, et puis si le médecin le disait et que ma mère ne trouvait rien à redire, je me sentais en sécurité. J'étais déjà protégée pour mes premières amours, et la prise quotidienne n'était pas trop un problème pour moi : je n'ai dû l'oublier que de rares fois.

Ce n'est que vers 23 ans que j'ai commencé à me dire que je préférerais essayer une autre méthode, plus naturelle : une méthode qui ne me fasse pas avaler des hormones (et ne me fasse pas participer à la féminisation des poissons, voyez-vous !). L'acné devait être résolue depuis le temps, je n'avais pas eu de "vrai" cycle depuis 10 ans et ils n'avaient jamais eu le temps d'être réguliers. J'étais allée voir une nouvelle gynéco avec dans l'idée de lui demander un Dispositif Intra-Utérin (DIU ou "stérilet") au cuivre (bye bye les hormones !! le cuivre est juste un spermicide). Il faut dire aussi que ma libido était en berne, et que je pensais que cela pouvait venir de là, l'ayant lu à plusieurs reprises.

Le scandale sur les pilules n'avait pas encore éclaté, et je commençais tout juste à m'intéresser au sujet, aussi je comptais quand même faire confiance au praticien (je la rencontrais pourtant pour la première fois celle-ci). Pour ma libido, c'était dans ma tête selon elle, mais elle a trouvé que c'était quand même exagéré de m'avoir laissée sous Diane tout ce temps. Elle ne semblait cependant pas disposée à me poser un DIU ; elle a préféré me prescrire une pilule moins dosée (Varnoline). Bizarrement, la libido est remontée en flèche...

J'ai changé de ville quelques mois après et j'ai encore un peu plus approfondi la question (via le site de Martin Winckler notamment) : je voulais mon DIU au cuivre. Cette question m'a déjà permis d'éliminer une généraliste que je voulais prendre comme médecin traitant puisque "à l'école on nous a bien dit qu'il ne fallait pas poser de stérilet aux nullipares". Et sinon vous avez quoi, 45 ans au bas mot... et vous ne vous êtes pas formée depuis ?! J'ai fui bien sûr. Les gynécos étant très indisponibles dans cette ville, je me suis tournée vers le planning familial, bien plus en avance sur ces questions. J'ai eu un premier rendez-vous pour discuter de mon choix et cela n'a absolument pas posé de problème au médecin. Je suis revenue au rendez-vous suivant avec le DIU qu'on m'avait prescrit, de petite taille pour les nullipares. Celle qui me l'a posé était généraliste, j'ai malheureusement été incapable de retrouver son cabinet ensuite pour la prendre comme médecin traitant, elle était pourtant douce et à l'écoute.

La pose a été un peu douloureuse, c'est sûr. J'étais contente que mon chéri soit là pour me ramener et s'occuper de moi (même si en prenant mon temps j'aurais pu le faire seule). Les jours suivants n'ont pas été très agréables non plus et j'ai eu des petites pertes. J'ai été vigilante les premiers temps au risque de rejet mais la cohabitation s'est faite.

(kaboompics, Pixabay)

(kaboompics, Pixabay)

J'ai retrouvé des règles assez douloureuses, mais je fais mon possible pour les supporter du mieux que je peux, d'autant que cela ne dure qu'une soirée ou deux. Elles sont peut-être un peu plus abondantes mais rien d'insurmontable avec ma coupe menstruelle (je ne ferai pas d'article à ce sujet, j'en suis tout simplement plus que ravie pour toutes les raisons évoquées par les utilisatrices). Elles traînent en revanche un peu en longueur : un peu plus d'une semaine, avec les deux premiers jours les plus abondants, 2 jours après peu abondants et des "pertouilles" étalées sur le reste (si elles pouvaient se regrouper celles-là !!).

Après 2-3 mois de cohabitation avec mon DIU, je me suis fait une frayeur : je n'ai plus eu mes règles pendant une dizaine de mois. J'ai sauté sur les tests de grossesse les premiers temps, le rendez-vous de contrôle de la position du DIU a eu lieu sans encombre et... il s'avère que c'était le contre-coup de l'arrêt de la prise d'hormones. Une aménorrhée plus longue qu'une grossesse, et après on s'étonne de ne pas tomber enceinte rapidement quand on arrête la pilule ! J'ai réalisé une bonne fois pour toutes que j'avais fait le bon choix, et que j'éviterai à tout prix ce genre de prise de médicament quotidienne et sur le long terme à l'avenir.

Les mois suivants, mes règles se sont peu à peu régularisées, pour tomber désormais à 2-3 jours près au même jour du mois.

Après environ un an d'amour avec mon DIU, j'ai joué au boulet : j'ai retiré précipitamment ma coupe menstruelle à force d'habitude, et ça a tiré violemment dans mon utérus. Le genre de sensation, quand tu es nullipare, qui fait froid dans le dos. J'ai tout de suite compris que les fils du DIU s'étaient pris dans la coupe, et que si je l'avais faite pivoter sur elle-même tout en étant douce et à l'écoute de mes sensations comme il est conseillé de faire, je ne me serais sûrement pas fait mal. Il a été très difficile d'avoir un rendez-vous rapidement et je suis restée plus d'une semaine ainsi : avec des douleurs quand je m'asseyais notamment, l'impression de perforer mes chairs... J'ai dû encore voir un nouveau gynécologue, je partais un peu plus rassurée parce qu'il représentait sa profession dans le département. Je suis en fait tombé sur un praticien froid, qui ne connaissait même pas la coupe menstruelle et n'en revenait pas que le planning familial (2 étages sous son cabinet) pose des DIU (oui, tu peux écarquiller les yeux). Bref, je me suis dit "toi tu m'enlèves ce DIU, au pire tu m'en poses un autre, mais ensuite cassos !". Il a voulu vérifier la position du DIU par échographie avant toute chose (et pelvienne quand toutes les échos que j'avais eues avaient été faites classiquement sur le ventre, mais soit). Là-dessus, il me dit que le DIU est en place. Il a fallu que j'insiste pour qu'il m'examine, Monsieur le Docteur était déjà reparti derrière son bureau... Finalement il me dit "ah ben oui, je vois le bout à l'entrée du col, je vous le retire". Sans déconner, tu crois ? J'y suis retournée quelques semaines plus tard m'en refaire poser un et j'ai demandé à ce que les fils soient coupés plus courts (en priant pour qu'ils ne piquent pas l'engin de monsieur par la suite). Et me voilà tranquille pour 5 ans, je n'ai plus jamais eu de problème par la suite !

(PublicDomainPictures, Pixabay)

(PublicDomainPictures, Pixabay)

La seule chose que je regrette c'est qu'il m'arrive parfois de le sentir, quand la coupe remonte un peu trop haut par exemple, mais c'est assez rare et ça n'a rien à voir avec la fois où je l'ai déplacé.

Pour résumer, je recommande le DIU au cuivre autour de moi, et quand le scandale des pilules a éclaté, je n'étais pas surprise. Je pense qu'il faut tant qu'on le peut éviter de prendre des médicaments quotidiennement, surtout sur plusieurs années, ou encore modifier ses hormones. Quand je relis ma phrase j'ai l'impression de lire une évidence, et pourtant... Bien sûr, le DIU ne convient malheureusement pas à tout le monde : il arrive que certaines fassent rejet sur rejet ou aient des règles surabondantes avec. Mais je crois sincèrement que ça vaut le coup de tenter, parce que s'il vous convient, c'est comme la coupe menstruelle, ça change la vie ! Et aussi, il faut bien le dire, il y a de grands progrès à faire du côté des médecins ; en soi je serais pour qu'on interdise la pratique à ceux qui ne se forment pas régulièrement parce que dans ces métiers quand même, ça évolue beaucoup et c'est pas anodin quoi !!

Avez-vous trouvé votre contraception fétiche de votre côté ? Des conseils à donner ? Racontez-nous !

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